J'AI VU LE LOUP ET LE RENARD


Il y a bien longtemps, le loup et le renard décident de faire alliance pour partager les vaches grasses et les vaches maigres. Le renard calculait et organisait les plans de bataille, le loup lui se contentait de suivre. Le renard trouvait cette association heureuse ; il avait le ventre rond et le poil brillant. Le loup lui était moins satisfait de s'être associé au renard, il était maigre, efflanqué et avait le poil terne.
Un jour, le renard dit au loup :
- Grande nouvelle compère, j'ai appris que demain le fermier Micoulin marie sa fille. Veau gras et vins fins. Mmh ! Je m'en lèche les babines
-Nous ne sommes pas invités à la noce que je sache ?
- Ce doit être un oubli de leur part. Nous le corrigerons en nous rendant là-bas pour le déjeuner. Pour ne pas déranger le service, nous nous présenterons pendant qu'ils sont tous à l'église.
-Mais la porte sera fermée, comment y enter.
- Par la chatière, bêta ! Le trou n'est pas bien grand, mais je saurai m'y glisser.
-Si tu t'y glisses, je m'y glisserai aussi, car ton ventre est trois fois plus gros que le mien.
- A demain compère loup !
Le lendemain en fin de matinée les deux compères se rendent à la ferme, passent par la chatière, de bonnes odeurs de charcutailles et de volailles s'échappent de la cour . Une fois dans la place, les deux invités se rendent directement au buffet où les attendent mille merveilles : saucissons d'âne, jambons à l'os, chapons à la broche, brouillades d'œufs, crottins et fourmes à l'envi. De tout cela ils font ventrer, mangeant, lapant, happant, déglutissant, avalant et se remplissant la panse avec un entrain qui fait plaisir à voir.
Maitre renard prévoyant va de temps en temps vérifier s'il passe encore par la chatière.
-tu devrais y aller aussi,dit-il au loup.
Il y a encore plein de choses a manger ! Lui répond le loup goulûment ; de la saucisse, des caillettes, des pieds de cochon, de la salade de museau, du boudin, du cervelas et des tripes.
Le loup de se goinfrer et de se bâfrer sans pouvoir s'arrêter, commence à s'arrondir. Quand on entend le son d'un violon, la noce revient de la messe.
-Vite filons dit le renard.
- il court vers la chatière et avec un peu de difficulté passe , tandis que le loup, lui, reste coincé. Il force, force, force mais ne parvient qu'à passer la tête, le poitrail et le ventre restent coincés. Le renard a beau tirer le loup a beau forcer, il lui est impossible d'aller en avant ou en arrière.
Déjà la noce est là. On découvre le carnage. On crie, on hurle, on cherche le coupable. Et bien vite, on trouve le loup coincé dans la chatiére. On sert au malandrin une volée de bois vert, bâton, et gourdin. Tant et si bien que le pauvre loup fut battu et rompu dans les grandes largeurs. Enfin un coup de pied le projette hors de la chatière. Il s'enfuit ventre à terre sans réclamer son reste. En couinant, il va dans sa tanière.
Pauvre loup pour une fois qu'il avait la panse pleine, il n'a pas pu en profiter car il a dû panser ses plaies.

J'AI VU LE LOUP ET LE RENARD CHANTER


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